Visite guidée de l’église Saint Blaise

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Historique

Trente sept vitraux peints éclairent l’église d’Ecully. Ils furent exécutés entre 1845 et 1858 par la maison MARECHAL et GUGNON de Metz.
L’ordre des commandes fut le suivant :
– 30 mars 1845 : Les cinq du choeur et les deux des chapelles.
– 11 avril 1847 : Les trois de la coupole et les deux roses du transept.
– 30 mars 1856 : Ceux des basses-nefs et de la façade occidentale. »On attend pour commander ceux de la nef centrale de voir le résultat obtenu pour les exécuter éventuellement plus clair. »

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Ils se répartissent comme suit :

5 pour l’abside.
1 pour chaque chapelle.
1 rose à chaque extrémité du transept.
3 pour la coupole (faces Nord,Est et Sud)
5 pour chaque basse-nef.
5 pour chaque côté de la grande nef.
1 sur mur Ouest de chaque basse-nef
3 pour la tribune du clocher.

– Sur les vitraux de l’abside figurent le CHRIST et les quatre évangélistes. Ils ont des teintes plus sombres que les autres et sont d’une présentation plus riche qui rappelle la facture des vitraux anciens.
– Ceux des bas-côtés représentent tous des personnages sur fond d’écarlate ou d’azur qu’encadre une frise décorative différente pour chacun. Les frises et les fonds de décor sont identiques sur les vitraux en vis à vis.
– Les dix vitraux de la grande nef ont, au centre, en médaillon, des personnages de l’Ancien Testament accroupis, à genoux ou assis. La plupart d’entre eux tiennent un listel avec une inscription en latin. Assez curieusement, seul JOB présente un texte français : »Je sais que tu peux tout. » (1) Là aussi les fonds sont alternativement d’écarlate ou d’azur, alternance qu’on a déjà remarquée pour les baies des bas-côtés. Le vitrail de la chapelle de Notre-Dame fut offert par la Confrérie du Rosaire; celui du Sacré-coeur par celle du Saint Sacrement.(Délib. du Conseil de fabrique du 30 mars 1845)
– Les vitraux des basses-nefs mesurent 0m98 par 2m60. Les deux roses ont, environ, 2 mètres de diamètre. Ce sont des marguerites â sept pétales avec éléments décoratifs.
– Les trois vitraux de la tribune sont ornés de motifs géométriques. En 1845 l’église avait été vitrée en verre ordinaire pour le prix de 538 francs. Le 9 octobre 1972, à 1 heure 20 du matin, une explosion criminelle ravageait la mairie d’Ecully. A l’église étaient endommagés les douze vitraux situés sur la face Nord : 5 du bas-côté, 5 de la grande nef, la rose du transept et, dans la coupole, le vitrail de la Vierge. Les plus gravement touchés étaient ceux de Saint ANDRE et Saint AMBROISE dans la nef latérale. En 1974, 1e Maître verrier ELLES, impasse de Bellevue â Champagne, assura leur restauration. Au cours de cette opération le prophète ISAIE n’a pas vu réapparaître son nom sur son auréole.


Visite guidée :

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Dès l’entrée, ils attirent l’attention par leur dessin et leur coloris. Excepté les deux du fond des nefs latérales, qui sont très ordinaires, ils sont tous de MARECHAL de Metz. C’était, avant LAVERGNE, de Paris et, peut-être BEGULE à Lyon, le plus grand peintre verrier de France. Ce qui caractérise sa manière, c’est la netteté des lignes et la richesse des couleurs;
nos vitraux ont particulièrement des violets, des verts, des bleus et des rouges d’un ton très chaud et qu’on ne trouve pas communément. Les personnages échappent complètement â la mièvrerie et aux attitudes mignardes qu’on rencontre trop souvent: on sent qu’ils ont l’énergie de la foi et le sentiment du devoir. Les vitraux de la nef centrale sont réservés à l’ancien Testament: â gauche, en commençant par le fond, nous trouvons Adam et Eve après leur péché ; puis Abraham, père de la race d’Israël tenant une banderole avec l’inscription : »Credidit Deo.,. » « Il crut en Dieu » ; puis Moïse, portant les tables de la Loi; enfin deux grands prophètes : Isaïe et Ezéchiel. En face d’eux, à droite, les deux autres grands prophètes: Daniel et Jérémie. Tous quatre portent une banderole avec l’inscription d’un passage de leurs prophéties annonçant le Sauveur. En redescendant, à droite nous trouvons le roi David, auteur des psaumes; puis Melchisédech tenant une coupe et ayant en face de lui des pains, qui rappellent le sacrifice qu’il offrit au Seigneur; enfin le patriarche Noé.
-Parcourons maintenant les basses nefs : Au fond, à gauche, derrière les fonts baptismaux, le baptême de Jésus par Jean-Baptiste. En remontant, nous trouvons Saint Jean Chrysostome portant un livre avec l’inscription: « homilioe in Matthoeum » « Homélies sur Saint Matthieu ». Plus haut Saint Ambroise, tenant lui aussi un livre et la crosse à double croix(Remarquez en passant le bleu profond de ce vitrail). Après lui Saint Pothin, premier évêque de Lyon; puis Saint André avec sa croix en « X » et enfin Saint Pierre tenant d’une main un livre, et de l’autre la clé symbolique. Admirez en passant les deux grandes et belles rosaces du transept, avec leurs nervures polygonales et leurs fleurs multicolores. Nous arrivons au choeur. Au centre, le Christ, roi de l’univers, bénissant, et tenant de sa main gauche le globe, emblème de sa souveraineté. I1 est entouré des quatre évangélistes: à sa droite Saint Mathieu et Saint Marc, avec leurs attributs: une tête humaine et un lion à sa gauche Saint Jean et Saint Luc avec l’aigle et le boeuf comme emblèmes. En redescendant dans la nef de droite, nous trouvons d’abord Saint Paul, avec l’épée à double tranchant symbole de la parole divine qui pénètre les âmes. Après lui, l’apôtre Saint Jacques; puis Saint Irénée, docteur de l’Eglise et successeur de Saint Pothin, tenant en main la crosse épiscopale et un de ses ouvrages « contra hereses » « contre les hérésies »; vient ensuite Saint Augustin, portant un de ses livres: »De civitate Dei » « La cité de Dieu. Enfin le pape Saint Léon, portant la mitre et la crosse à triple Croix. Tout au fond de l’église, le vitrail représente la mort bienheureuse de Saint Joseph, entre les bras de Jésus et de Marie. A l’autel de la Sainte Vierge, un vitrail représente son assomption et son couronnement. A celui du Sacré-Coeur, les anges en adoration devant le coeur divin. A la coupole se trouvent trois vitraux: au centre le Sauveur Jésus avec cette inscription: « Ego sum resurrectio et vit a » « Je suis la résurrection et la vie » àgauche la Vierge Marie – à droite, Saint Blaise, patron de la paroisse.

La critique qu’on fait à ces vitraux est qu’ils sont trop sombres. Il y a du vrai dans cette observation: c’est pour cela qu’on a du en couper quelques uns, et les transformer en vasistas mobiles, pour donner du jour. Cette transformation est très pratique mais un peu regrettable au point de vue purement artistique, car les vitraux ainsi ouverts ne font plus aucun effet. Quoi qu’il en soit, ils restent néanmoins remarquables. En ce qui concerne la lumière, l’éclairage électrique, récemment installé dans l’église permet d’y voir clair tout de même aux jours sombres de l’année.