rencontre en vue du synode

Echange du 11 mars 2015 à propos des questions posées autour du synode

Groupe 1

Présents : Philippe et Véronique Guyard, Agnès Gardon-Chemain, Damien Jacquemont, Béatrix Borocco, Michel Schwartz, Albert Michaud, Gabrielle Valin, Alain Chausson

Question : Comment accompagner les couples et les personnes vivant dans des situations difficiles (divorcés-remariés, familles recomposées, couples frappés par l’infécondité, problèmes liés à l’homosexualité, personnes seules pour élever leur(s) enfant(s)…)

Le groupe a démarré par la lecture à haute voix des articles 25, 27, 41 et 52 du rapport final du Synode.

Notes prises au fil des échanges

On ne peut pas évangéliser si on est fermé, si on refuse de discuter, mais il ne faut pas non plus tout mélanger. Il importe de faire des distinctions, et de trouver des solutions ajustées à chaque cas.

2 personnes renvoient à l’article de Mgr Vesco, paru dans la croix du 2 mars

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Mgr-Jean-Paul-Vesco-Les-divorces-remaries-ne-devraient-plus-etre-un-sujet-pour-l-Eglise-2015-03-02-1286370

Sur le sacrement de réconciliation pour les divorcés-remariés

La plupart sont très surpris de découvrir  que les divorcés remariés n’ont pas accès au sacrement de réconciliation. L’interdiction de l’eucharistie était connue de tous, pas celle de la pénitence. Cette interdiction de la réconciliation choque une majorité du groupe, alors que les avis sont plus partagés sur l’accès à la communion des divorcés-remariés.

« Je ne peux pas comprendre le refus du sacrement de réconciliation…Cela me choque que l’Eglise considère le péché d’ordre sexuel beaucoup plus grave que tout autre péché contre le prochain »

Mgr Vesco plaide pour l’accès des divorcés-remariés à c e sacrement de réconciliation.

 

Sur l’accès à la communion et sur l’indissolubilité

«Je vois beaucoup de divorcés-remariés recevoir la communion »

« Tous tiennent à l’indissolubilité, mais permettre aux divorcés-remariés d’accéder à la réconciliation et à l’eucharistie après un chemin de pénitence approprié, est-ce forcément dire que le mariage n’est plus indissoluble ? »

« L’Eglise catholique est la seule à promouvoir l’indissolubilité du mariage, en se fondant sur l’évangile et les paroles de Jésus qui répond au questionnement sur la répudiation. Le message évangélique est porteur d’espérance. Le dépassement des difficultés est toujours occasion de grandir. Un divorce est le plus souvent synonyme de grande souffrance, de douleur pour une partie des personnes concernées, sinon pour toutes. Inversement, la rencontre de couples âgés, unis, qui s’aiment encore, est un magnifique signe d’espérance. L’Eglise doit davantage s’occuper du soutien des couples pour les aider à franchir les obstacles, et à ne pas se séparer »

« Nous connaissons tous des gens (divorcés-remariés entre autres) qui se considèrent exclus de l’Eglise, ne s’y sentent plus à leur place, sont mal à l’aise, se sentent mal accueillis ».

« Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas accès à l’eucharistie que la communauté exclut. L’eucharistie serait-elle un dû ? l’Eglise essaie d’expliquer qu’on peut vivre la communion entre croyants autrement que par l’eucharistie, qu’il y a d’autres formes de présence »

« Ce qui est important, c’est de proclamer que chacun est créature de Dieu, et de le reconnaître. La discipline est secondaire une fois que ceci est admis, intégré. Certains d’ailleurs acceptent tout à fait la position de l’Eglise ».

« Pour éviter ce sentiment d’exclusion, il est important de savoir accueillir, de s’accueillir, par exemple commencer par dire bonjour en arrivant à l’église pour la messe. Une attitude d’accueil fraternel permettrait de mieux accepter les règles de discipline »

« J’ai beaucoup de proches qui ne suivent pas la discipline de l’Eglise, mais vivent selon l’évangile, et parfois portent un témoignage fort de cet évangile.  Il y a plus de 15 ans, l’évêque d’Autun après tout un travail d’explication et discernement a ouvert la réconciliation et l’eucharistie dans son diocèse aux divorcés-remariés. Aujourd’hui, beaucoup d’évêques allemands font de même. La discipline a été mise sur le même plan que la doctrine, il faudrait séparer les deux. Je pense, comme Mgr Vesco, que reconnaître en Eglise la valeur d’une nouvelle relation après un divorce ne contredit pas, ne remet pas en cause la doctrine de l’indissolubilité du mariage »

« Le risque est alors de sombrer dans le relativisme, si on accepte quelque chose, tout le reste suit »

« il faudrait que les évêques trouvent des solutions, donnent des chemins possibles pour les divorcés-remariés…qu’ils le disent et ne se contentent pas d’affirmer une doctrine. C’est une souffrance de se trouver à la porte de l’Eglise pour de nombreux croyants dont la vie porte cependant de façon admirable les valeurs évangéliques »

«J’aimerais que les évêques aient une parole forte sur la reconnaissance des valeurs humaines vécues par ces personnes hors de la discipline de l’Eglise ».

« Beaucoup se sont détournés de l’Eglise à cause de l’enseignement de l’Eglise sur la famille, de cette discipline, qu’ils ne comprennent pas. Ils considèrent que leurs relations conjugales sont leur affaire  personnelle, que l’Eglise n’a pas à s’en mêler »

« Chacun est appelé à la sainteté, même les divorcés-remariés, c’est cela qu’il faudrait rappeler pour leur dire qu’ils ne sont pas exclus ».

« Oui, mais ce n’est pas audible pour ceux qui sont loin de l’Eglise. Or Jésus est un Dieu de miséricorde. Ne mettons pas la discipline au rang d’une doctrine inamovible »

« Le fait de voir des couples divorcés-remariés vivre leur amour ne remet pas en cause ma propre vie, ne me fait pas regretter la fidélité à mon engagement »

« Mais est-ce qu’on s’engagera avec le même sérieux, avec le même désir de lutter pour durer, si on peut divorcer et se remarier, si le mariage n’est plus indissoluble ? »

Au fil des échanges, le groupe a manifesté aussi le souhait que soit davantage approfondie la notion de sacrement lors des préparations au mariage, et que ces préparations soient plus développées. Il serait bon d’insister sur l’importance de savoir demander de l’aide lorsque son couple traverse une crise.

Groupe 2

Présents : Aurelie Plassard, Cecilia Fouvry, Bernard Ailleret, Catherine Chausson, Raphaëlle Jacquemont,
Olivier Valin

 Question : Comment permettre un meilleur soutien des couples tout au long de leur vie conjugale ?

Notes prises au fil des échanges
Donner / Réfléchir sur sens du Sacrement de Mariage.
Donner / Réfléchir sur le sens civil de l’engagement.

Il y a beaucoup de mouvements dans l’Eglise (Ex les scouts) ou l’on touche des personnes qui ne sont pas membres réguliers de nos communautés.

Les couples sont dans des situations différentes. Quelque soit leur situation, il faut les écouter, les accueillir.

Il y a beaucoup d’erreurs à éviter comme les jugements. Il faut prendre les gens comme ils sont.

Certaines règles de L’Eglise peuvent éloigner certaines personnes (communion pour divorcés …)

Permettre aux couples de se retrouver après le mariage.

Proposer aux couples de rejoindre des mouvements.

Prier pour les couples pour qu’ils puissent rencontrer le Seigneur et toucher l’amour infini qu’il a pour chacun d’entre nous quelque soit sa situation.

Comment toucher les couples qui se séparent au premier obstacle ?

Idées pour aider les couples
1- Fêter son anniversaire de mariage à plusieurs (Ex conscrits du mariage, cela permettrait des rencontres inter générationnelles).

2-  proposer une prise en charge des enfants pour encourager des couples à prendre du temps à deux.

3-  organiser des rencontres entre couples jeunes et moins jeunes, pas comme donneurs de leçon mais dans un esprit de partage de vie fraternel. Faire éventuellement appel à un intervenant extérieur pour approfondir un sujet particulier.

4-  faire connaitre les soirées ou WE de réflexion pour les couples, organisés par la Pastorale Familiale diocésaine, les Centres Spirituels, certains mouvements…

– proposer aussi des livres, sur le couple, la famille…

5 – suggérer de faire appel à un tiers quand la relation à deux devient difficile. La « triangulation » peut se faire avec un ami, un conseiller conjugal, la prière…

Créer de la convivialité, rayonner de l’amour de Dieu.