Homélie du 10 janvier 2016

                                                   Le baptême du Christ
                      Isaïe, 40,1 à 11 ; Ps 103 ; Tit 2,11-12 ; Luc 3, 15 – 22

On pourrait se demander, avec un peu d’humour, si Jésus n’a pas suivi un stage de communication. Cela vaut la peine en tout cas de prendre en considération sa façon de faire, pour que Dieu soit connu et identifié.
Et plus largement, on peut, on doit s’émerveiller sur les dix siècles pendant lesquels le peuple juif a été abreuvé de messages d’espoir, d’invitations à honorer Dieu, et à respecter les autres.
La première lecture de ce dimanche est un de ces nombreux messages ; il date de 500 ans avant Jésus-Christ, et s’adresse aux juifs croyants de l’Ancien Testament :
« Préparez le chemin…La gloire du Seigneur va se révéler…Ne craignez pas, car voici le Seigneur Dieu. Il sera comme un berger qui rassemble ses agneaux… »
…et pendant de nombreux siècles, les juifs prieront avec les psaumes comme celui qu’on vient de chanter : « Tous les croyants comptent sur Toi, Seigneur ; tous les croyants vont être comblés par le pain béni de Dieu ».
La stratégie de communication de Dieu met les auditeurs en attente ; elle fait désirer un futur. Dieu n’a pas promis, ni annoncé, de l’argent, ni du pouvoir aux croyants juifs : Dieu laisse la liberté d’accueillir ou de refuser son appel. Il exprime son désir de se rapprocher de son peuple, de se rapprocher de ceux qui le cherchent.

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Homélie Noël 2015

Régulièrement, des personnes me font part de leur difficulté à croire à la naissance virginale de Jésus. Je sais que de nombreux chrétiens éprouvent une certaine difficulté à comprendre que cela soit possible ; même avec la foi. Pour ma part, je proclame le Credo de l’Eglise : « par l’Esprit-Saint, le Fils unique a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme » ; et cela ne m’empêche pas de continuer à m’interroger sur cette conception.

A ceux qui s’interrogent, je suggère d’abord de lire d’une traite l’évangile de Marc, parce qu’il est court, et parce qu’il ne parle pas de la naissance de Jésus : pourtant toute la démarche de cet Evangile concerne la personnalité étonnante de Jésus : « qui est-il donc pour avoir une telle originalité ? »(par ex. Marc, 7,37 ; 8,27). Et à la fin de cet évangile de Marc, c’est le centurion romain, au pied de la Croix où Jésus meurt en donnant son pardon, c’est le centurion romain qui entr’ouvre l’énigme : « Oui, vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Marc 13,39).

Ni saint Marc, ni saint Paul, ni saint Jean ne racontent la naissance de Jésus. L’apôtre Paul mentionne simplement (Ga 4,4),et une seule fois, que Jésus est né d’une femme, et l’évangéliste Jean expose dès le début que la Parole créatrice de Dieu s’est faite chair en Jésus ; j’y reviendrai.
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